Molloy/St Malo

Posted in Manips on 08/07/2011 by kerguelen2011jerome

Après avoir exploré les parties Est et Nord à la base (et juste après mon escapade à Cataractes), David et Olivier (les Res’Nats) me proposent de faire un aller retour à deux jours de marche vers l’Ouest. Devant de tels arguments, je reste sans voix (après avoir dit « oui, ok », pas con non plus !)… Le trajet sera principalement sur la côte, avec une première escale à la cabane de Molloy, à 3h de marche de la base (petite première journée donc, mais le soleil est présent pendant environ 8h par jour, ce qui limite les marges de sécurité pour les grands trajets). Nous sommes accompagnés par une équipe qui ne fera que l’aller-retour à Molloy, pour vérifier le fonctionnement des phares. Pour la première soirée, nous dégustons les restes de la base, du surgelé, mais quel surgelé !! Du renne de Kerguelen, une viande absolument succulente ! Enfin bon, je vais essayer de limiter la quantité de bouffe dans ce post, hein, c’est pas pour la gastronomie qu’on est là, enfin !! (Mais qu’est ce que c’est bon !!)

Donc, à Molloy, se trouve une maison troglodyte, c’est-à-dire dans la roche, mais avec un morceau de la maison, qui lui est pas dans la roche, bref, comme une image vaut mille maux, voilà de quoi avoir mal à la tête :

Maison troglodyte, mais pas tant que ça

Vue depuis la maison troglodyte, mais pas tant que ça

Auparavant, les gens étaient des fainéants, oui ils se déplacaient en métro, vivaient tous en ville à regarder la télé et jouer à la console et … euh ah ben non, c’est moi ça … Bon en fait, avant les gens étaient fainéants, mais pas pareil que moi quoi … Sur le trajet, nous trouvons des vestiges d’anciens véhicules à chenilles, je ne sais pas trop de quelle époque cela date (d’où ma réflexion sur la fainénantise de nos aïeux :), bien entendu c’est de l’ironie, hein, pas taper! ).

Engin à chenilles

Après une bonné soirée et une bonne nuit, nous repartons pour l’étape la plus longue : Molloy->St Malo. Non seulement, le terrain est quasi tout le temps en pente latérale, ce qui énerve les chevilles, mais nous encaissons de face des vents de plus de 50 noeuds, et avec les sacs, la prise au vent est forte. De temps en temps, hop, quelques pas en arrière involontaires sous la force du vent, mais pas de chutes, nous prenons garde, le sol n’étant pas un joli tapis de mousse comme dans certains autres coins de l’île! Après 5h de marche dans ces conditions, mes compères me montrent la suite du chemin : Tu vois la montagne là ? Et celle-là ? ben on passe par le col entre les deux … Non sérieux un col ça ?? Il est presque plus haut que les montagnes d’à côté !! (Aberrant pour un col non ?)

Le col en question, à mi chemin

Mais après de durs efforts, la récompense est là : St Malo. La cabane est là, elle nous attend. Et cerise sur le gâteau, un renne aussi, mais moins spectaculaire que dans l’article précédent, cette fois-ci il est loin, et absolument pas intéressé par nous !!

Cabane de St Malo

Renne de St Malo

Dans la soirée (comme prévu, mais j’ai oublié de le dire auparavant), nous sommes rejoins par un autre groupe qui lui faisait le tour par le Nord. Nous passons donc la nuit à 6 dans la cabane, et au réveil, frais et dispo, nous sommes enfin tranquille … Et non !!! Héhé, qui c’est qui y a cru hein ?? Bien sûr, on refait le même trajet à l’envers, mais cette fois-ci le col est la première étape, et c’est bien plus facile, le vent est lui aussi tombé, et en plus il fait beau … Ouf, le trajet sera tranquille, nous nous arrêterons même avec David pour aller taquiner les truites, quoiqu’au final, ce sont plutôt celles-ci qui nous taquinent !! Pas moyen d’en voir une, encore moins d’en attraper une, mais pour rendre mérite à qui de droit, c’est moi qui suis bredouille, David en ayant pêché une à l’aller … 😀

Cascade vers le trou de pêche

Finalement, le retour sur base se fait aisément. Et après notre retour, je suis toujours fatigué, mais content, moi qui avais peur que l’hiver ne stoppe les sorties sur le terrain, je viens d’en enchaîner 3 d’affilée, et je me dis, allez, j’arrête pour une semaine, promis…

Mais le destin en sera autrement !!!

A propos, le Marion Dufresne quittera prochainement la Réunion pour faire des rotations de personnel et de matériels. A cette occasion il y aura des échanges de courrier, alors si vous désirez recevoir une carte postale, tamponnée avec au moins 4 ou 5 tampons (minimum garanti de 4 ! 😉 ), n’hésitez pas à m’envoyer votre adresse postale sur jperronn@kerguelen.ipev.fr, il y a aura aussi de beaux timbres, bref, une jolie carte qui fait bien classe quand même !!

Pour ceux qui auraient la bonté de m’envoyer un colis, je vous rappelle l’adresse à laquelle vous pouvez m’envoyer tout ce que vous voudrez :

PERRONNET Jérôme

Base de Port-Aux-Français

District de Kerguelen

TAAF VIA LA REUNION

Le colis devrait arriver à la Réunion avant fin juillet pour être sur que le Marion ait le temps de l’embarquer. Merci à ceux qui se donneront la peine, ici, un colis, c’est Noël, on ne sait pas ce qu’il y a dedans, mais c’est toujours un bonheur de découvrir le contenu du carton :).

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Cataractes 2 : Anse Betsy

Posted in Manips on 06/07/2011 by kerguelen2011jerome

L’hiver est de plus en plus présent, les chutes de neige commencent à arriver sur nous. En cette fin de mai, j’enchaînerai une semaine à Ratmanoff (pour accompagner l’électricien venu réparer le panneau photovoltaïque) pour laquelle je ne ferais pas de post, et oui, pas de photo à mettre !! Mais dès la semaine suivante, je repars sur Cataractes, 22 km au Nord de la base, avec Alain (Météo) et Vincent (Mécano garage). Le but, récupérer des déchets d’aluminium laissés lors d’une précédente mission. Nous partons donc, pour une première journée de près de 7h de marche, à travers la rocaille et les rivières, entre les lacs, et dans la souille!! La brume nous surprend sur la fin du trajet, mais nous trouvons quand même la cabane dans l’après-midi. Le temps de nous installer, et hop, la nuit tombe. Pendant la nuit, nous faisons connaissance avec les occupantes des lieux que nous venons déranges : les souris, qui fouillent nos sacs et nous courrent dessus, nous prenant peut-être pour des tas de viande de 80kg pas encore périmés! Au petit matin, surprise, la neige nous encerce :

Cataractes sous la neige

Les déplacements étant dangereux sur la neige (notamment puisque nous devons fouiller des zones côtières, avec falaises), nous déclarons la journée off, et en profitons pour faire l’inventaire du stock de nourriture… Résultat, on risque pas de mourrir de faim, même si la neige devait nous bloquer deux semaines!!

Le lendemain, l’essentiel de la neige a fondu, nous pouvons donc commencer à fouiller la zone supposée où se trouvent les déchets à ramener, c’est-à-dire une grande crique sur l’Anse Betsy. Assez rapidement, nous quadrillons la zone et tombons sur les déchets pile à l’heure du casse-croûte !! Parfait, petite pause, visite de l’ancien campement allemand de début 1900 (il ne reste quasiment rien, si ce n’est une dalle et quelque fondations en bois pourris par ci par là…). Nous ramènerons ensuite ces déchets à la cabane de Rivière du Nord, où nous passerons la nuit, qui tombe d’ailleurs vers 15h, dans la vallée où nous nous trouvons !

Rivière du Nord

Petite cascade cachée sous l'herbe

Vue depuis le fond de la vallée

Le temps se calmant, nous profitons de la journée pour rejoindre Cataractes, mais avec les pluies des dernières jours, le niveau de l’eau monte, et nous nous retrouvons contraints de traverser la rivière (Cataractes, oui, elle aussi s’appelle ainsi !) à un autre endroit. Coup de chance, j’avais pris la photo de la rivière avant de quitter la cabane, et je tente un comparatif photo avant/après les pluies :

Avant

Après

Et finalement le trajet retour. La brume est présente depuis le petit matin, on n’y voit guère qu’à 20 mètres, mais il fait bon, le temps est prévu de s’améliorer, donc rien ne s’oppose à notre retour. Confiant comme pas deux, je commence à ouvrir la marche plein Sud, pour au bout de 30 minutes, me rendre compte que j’ai tourné plein Ouest sans même m’en rendre compte, en plein brouillard, c’est fou comme on peut se perdre. Nous poursuivrons donc au GPS, toutes les 5 minutes, et même à cette fréquence, le terrain nous oblige à pas mal de détours que nous ne pouvions pas anticiper, faute de visibilité!! Ainsi, nous grimpons une butte de près de 300m par erreur, et nous tombons nez à nez avec … les nouveaux occupants de la péninsule : 4 rennes. Je n’en avais jamais vu auparavant, et là, à 20m de nous, ils sont là, beaux, élégants dans la brume, leur contour se détache. Curieux, ils se rapprochent de nous, et réciproquement. Une bonne minute passe, tous les sept (nous 3 et eux 4) en admiration, avant de penser à sortir les appareils photo.

J’ai principalement pris une vidéo, mais voici quelques photos que j’ai pu en tirer :

Rennes dans la brume 1

Rennes dans la brume 2

Le temps se dégage ensuite, la base est devant, à quelques kilomètres… Nous retrouvons le confort de la base, le sourire encore aux lèvres !

 

Ratmanoff (Avril Popchat)

Posted in Manips on 27/06/2011 by kerguelen2011jerome

Les sorties se suivent et ne se ressemblent pas. Lors du Tour Courbet Res’Nat, j’avais croisé les ornithos, le popchat et le géner au Cap Cotter. A peine revenu sur base, j’entame aussitôt un second Tour, incomplet cette fois-ci car je m’arrêterai à Ratmanoff pour assister Christophe (popchat). Ah que le monde est petit ! Je pars donc en compaginie de JB, notre toubib. N’étant que deux, les règles de sécurité nous imposent de passer par la côte, nous resterons donc une nuit à Morne. Le lendemain, nous arrivons à Ratmanoff sur les coups de midi, laissant ainsi le temps aux ornithos et au géner de se séparer de Christophe, car ceux-ci partent illico faire le trajet contraire du nôtre (Ratmanoff->Morne pour ceux qui ont du mal à suivre!). J’avais donc promis un post spécial pour Ratmanoff, le voici ! Du moins le premier d’une longue série, je l’espère … A savoir qu’ici sont présents … heu … pas mal de couples de manchots royaux, mais c’est la plus grande manchotière sur notre île : juste pour aperçu :

Cabane de Ratmanoff

Cible : LE manchot

Bref, la colonie s’étend à perte de vue sur près de 3 km, recouvrant la plage de manchot, de poussins, de pétrels géants venus assurer leur quatre heure, d’éléphants de mer en flagrante infériorité numérique pour une fois, de goéland présent pour nettoyer la vaisselle des pétrels géants (les restes de viandes accrochés aux os des poussins), et même quelques manchots papous, plus petit et à l’air plus dégourdi que leurs cousins royaux! J’entends dans l’oreillette qu’un éléph se plaint de ne pas être assez représenté sur cette plage, à mon grand dam, voici donc une photo de cet irrascible animal.

Eleph en colère

Mais laissonsà  la star des lieux sa majorité :

Manchots royaux, père et fils

Enfin bon, je parle, du moins j’écris, mais pendant ce temps-là, une autre personne travaille à côté, dans ce qui est certainement le poste où l’on passe le moins de temps sur base! Christophe, donc, popchat s’occupe de l’étude des chats (et des lapins). Des cages sont posées le long de la côte de Ratmanoff, avec des appâts à l’intérieur. Sitôt qu’un chat entre dans la cage, il est capturé et nous venons le récupérer. Si c’est un nouveau pas encore répertorié, il est mesuré, pesé de la tête au pied. Durant ma présence, nous n’en capturerons qu’un, déjà étudié, donc relâché sans tarder. Mais comme il s’agissait de mon premier chat de manip popchat, la photo s’impose :

Chat en cage

 

Tour Courbet Res’Nat

Posted in Manips on 01/06/2011 by kerguelen2011jerome

Voilà arrivé le fin de Mars, la dernière OP de Mars vient de quitter l’île, et nous ne sommes plus que 50 tout rond sur Kerguelen, le chaland nous a quitté avec le Marion Dufresne, et nous sommes donc remis à nous même pour l’hiver, du moins jusqu’au mois de Septembre.

Donc histoire de partir du bon pied (le droit, comme au réveil !), la Res’Nat (diminutif de Réserve Naturelle), composé de David et Olivier, me propose un tour de la Péninsule Courbet. But de la manoeuvre, détecter les colonies de canards d’Eaton, remplir des fiches habitats (fiches récapitulatives de la faune et flore à un point précis) et récupérer des points GPS! J’avais profité du chaland pour partir sur les îles, je ne connais donc absolument pas le moindre endroit de cette péninsule!

Première journée donc, rallier la cabane de Morne, et devant le beau temps dégagé qui s’offre à nous, nous décidons de grimper sur le Mt Bungay (poitn culminant !! 69 m…) pour récupérer le premier point GPS.

Lacs de la péninsule Courbet vus depuis le Mt Bungay

Alors que tout semblait dégagé en début d’après-midi, nous essuierons tout de même une rafale de neige sortie d’on ne sait où, et repartie comme elle est arrivée… Cette première journée de marche aura raison de moi, j’arrive épuise à Morne ! Le lendemain, pour repartir, mes cuisses me font mal, monter le genou me gêne, bref, pas la grande forme… David et Olivier m’offrent donc une journée de repos, pendant laquelle ils rempliront des fiches habitats et iront compter des canards, donc au moins tout n’est pas perdu, à part mon ego qui doit traîner là-bas, quelque part, dans l’herbe … Je (re)découvre aussi quelques otaries, bien plus agressives cette fois-ci : »Jérôme, derrière toi !! », »C’est ça ouais… », »Non sérieux !! », demi tour droite et ho, une otarie qui grogne en nous fonçant dessus, donc technique de repli stratégique …

Le jour suivant, nous repartons pour rejoindre Ratmanoff, la plus grande colonie de manchots sur Kerguelen, et sur la route, toujours le spectacle de Kerguelen qui s’offre à nous :

Albatros en pleine parade

Brochette d'éléphants de mer

Même brochette

Bain de boue pour éléphs

Les éléphants de mer sont très proche de … nous …, ils se grattent, nous regardent avec l’air de « kesskimveu celui-là, ma photo ?? » et poussent un cri tonitruant ressemblant à un rot profond… Arrivé à la manchotière, journée de pause à nouveau pour moi, le duo Res’Nat en profitera pour rallier le Mt Pepper, 2nd point GPS du tour à récupérer. Pour les photos de la manchotière, je garde ça pour plus tard, jaurai l’occasion d’y revenir! Le surlendemain donc, pour ceux qui suivent, on continue vers le Nord, direction Cap Noir, et nous traversons donc le lac Marville, où nous ne trouverons aucun poisson, malgré une volonté de fer de battre le record de pêche de notre vie… Chou blanc … :). Nous arrivons dans la soirée à Cap Noir, la brume a envahi la place et nous mettons une bonne demi-heure à repérer la cabane dans la purée de pois. Au matin, ouah, sur 270°, nous voyons l’Océan Indien et sur les 90° restants seulement, la Péninsule Courbet !! Au pied de la cabane , pousse un champ d’otaire. Il y en a à foison, le terrain est littéralement miné !

Champ d'otaries

Nous passerons encore une journée à remplir des fiches habitats, je commence à connaître pas mal de noms latins pour parler de plantes qui n’existent pas de toute façon en France, donc qui ne me servira pas à grand chose finalement …! Mais bon, aucun savoir n’est inutile !! Mais à choisir je préfère les albatros qui volent dans les environs :

Albatros en vol

Le jour suivant, nous continuons, sauf que vers le Nord, héhé c’est l’Océan, donc maintenant, plein Ouest !! Direction le Mt Campbell et Cap Cotter, où une troupe de VATs (ornithos, popchat et géner) squatte la cabane pour travailler sur les gorfous macaronis à proximité. Ils nous offreront donc le repas du midi, très bonne salade de conserve, qui nous donnera la force de « zapper » cette étape, pour aller directement à Cataractes. Je repasserai aussi par cette cabane, je la laisse donc à un post ultérieur …

Gorfous macaronis de Cotter

Enfin, dernière journée, la plus éprouvante (forcément, hein !), Cataractes->base, 22 km de caillasse et de souilles, dans une purée de couteau à couper au petit pois, ou l’inverse, bref ça se coupe mal… Rien que d’y repenser, mes jambes m’envoient des ondes au cerveau là …!

Mais content, je viens de finir Mars !! Yeappeea , on se rapproche !!

 

Ronarc’h (et autres ballades)

Posted in Manips on 26/05/2011 by kerguelen2011jerome

Le mois de Mars commencent donc avec quelques ballades près de la base. L’arrivée de l’OP1 mi-Mars déclenche une envie d’aller faire un dernier petit tour pour ceux qui quitteront Kerguelen à cette escale. Ainsi, accompagné d’Alain (Météo), Fabrice (Res’Nat), Thomas (Ornitho) et Fred (Marin), nous partons pour le tour du Château, une randonnée sur la ligne de crête du cirque du Château, que l’on peut voir depuis la base. Et qui nous narguait donc depuis longtemps. A nous de lui montrer qui est le maître ici, ça se saurait quand même si la Nature avait des droits non ?!

Ligne de crête du Château

En zoomant sur l’image, vous pourrez voir des créneaux sur la ligne de crête, et bien surprise, ils s’appellent les Créneaux … A noter que nous n’avons pas fait les montées/descentes à chaque créneaux 🙂

Cirque Château depuis les hauteurs

Sur cette photo du cirque, l’oeil averti (qui en vaut donc deux, d’yeux) pourra discerner la base, au loin, à la limite de l’eau…

Autre journée, autre ballade, cette fois-ci l’ascension du Mont Crozier, point culminant (~1000m) de la Péninsule Courbet où la base est située. Cette fois-ci viendront Alain (Météo), Fred (Marin), Matthieu (Informaticien) et moi même ! Ce sera pour Matthieu et moi nos premières foulées dans la neige kerguelenienne!

Chou et neige en "altitude"

Remarquez que sur cette photo, on voit bien qu’il n’y a aucun trucage !! Donc jolie petite vue quand on regarde le sol, mais attendez de regarder au loin et là … et là … vue sur le Golfe avec toutes les îles qui sont là, nous tendant les bras (et vice-versa) :

Vue du Golfe depuis le Mt Crozier

Le Golfe étant magnifique vu du Nord, que pourrait-il bien donner vu du Sud ?? Question rhétorique ? Non, pas spécialement, juste que la prochaine sortie dans la foulée (4 jours cette fois-ci) aura lieu sur Ronarc’h, une presqu’île sur l’entrée du Golfe, avec Alain (Météo), Fred (Marin) et moi-même! Et nous embarquons donc sur le chaland pour partir à l’assaut des hauteurs de Ronarc’h, et sans répit aucun, à peine le pied à terre posé en ce début d’après-midi de Mars, nous voilà parti à l’attaque du Mt Wyville-Thompson, point culminant (à 939m celui-ci) de la presqu’île. La montée sera laborieuse, car principalement faite d’un pierrier qui roule qui roule (et qui n’amasse pas mousse donc!). Arrivé au sommet, allez, on s’fait plaisir, une petite photo du Golfe vu du Sud cette fois-ci :

Vue du Golfe depuis Wyville-Thompson

Si bien lancés que nous sommes, nous rentrerons donc à la cabane de Phonolithe (du nom de la pierre présente dans le coin), en profitant de faire un « léger » détour par la Pagode, histoire de profiter de la ballade tant que le soleil est encore là! Le lendemain, journée plutôt calme, avec juste le transit entre les cabanes de Phonolithe et de P12 (qui tiendrait son nom de la 12ème mission à Kerguelen, donc 1962). P12 sera notre camp de base pour l’ascension du Pouce (un autre sommet, oui, mais point culminant uniquement de son propre bout de terre!).

Le Pouce

L’ascension se déroulera bien, sans encombres, avec une vue magnifique sur le Golfe encore une fois, quoique un peu nuageux, enfin bon, le mieux est l’ennemi du bien non ? Enfin dernier jour, où nous rentrerons avec le chaland sur base!

Voilà une autre manip pour en mettre plein les yeux, et encore une fois dans la joie et la bonne humeur!

PS : Je viens de recompter, je commence à sortir pas mal de proverbes…

Baie de l’Observatoire 3 (Février 2011)

Posted in Manips on 15/05/2011 by kerguelen2011jerome

Le coeur de baie de l'Obs

Fin février, comme toutes les fins de mois, direction Baie de l’Obs, où je ne pourrais plus retourner pendant l’hiver austral car le chaland nous  quittera avec le marion Dufresne à la prochaine OP (OP1 – Mars 2011). Pour cette session m’accompagneront Rémy (Appro), Yvonnick (Boucher), Christophe (Chaud/Froid) et François (CNES). Au programme, la manip mensuelle (lecture sur l’échelle des marées pendant 10 minutes avec la bouée GPS à côté) mais aussi une nouveauté : la dépose d’un capteur de pression immergé qui enregistrera les variations de niveau d’eau pour les 6 prochains mois (jusqu’au retour du chaland en Septembre). Tout ceci se passe bien, et nous voilà donc reparti pour la cabane, avec au passage un hommage à ma prédécesseuse (je retrouve l’endroit qu’elle nommait le coeur de Baie de l’Obs (l’eau forme un coeur!))

Cette fois-ci, je n’ai pas oublié d’emmener le frais, donc nous aurons des

Profusion de moules

fruits et des légumes pour manger, mais … pas de farine … Ah, il me faut un peu de temps pour me rôder … Nous décidons donc d’aller « en emprunter » à la cabane la plus proche, situé à 4 km (à vol d’oiseau) : résultat, nous crapahuterons avec François et Christophe près de 1h30 avant de voir la cabane « là bas à l’horizon », mais le vol d’oiseau nous est interdit … un bras de mer nous oblige à un détour de plusieurs kms pour y parvenir (au passage, le bras de mer est un vrai tapis de moules!!). Après donc, un « bref » détour, nous parvenons enfin à la cabane de Laboureur, cible de nos efforts, où ni une ni deux, mais trois vagabonds se reposeront un peu avant le trajet retour, étudiant la carte pour trouver un raccourci!

Cabane de Laboureur

Une fois bien frais et ragaillardi, nous optons donc pour couper à travers champs (si je puis dire …). Et le trajet retour commence alors, remontée du bras de mer, donc en terrain connu, puis bifurcation pour couper au plus court, et là nous marchons en direction d’un lac hypothétique, notre point de repère… Après 3h de marche, félicitations, nous arrivons au lac, le raccourci fut efficace ! Mais après une succincte analyse, il s’avère que les algues et les traces de marée indiqueraient plutôt que nous sommes au bord de la mer, pas d’un lac … Cherchons donc un point de repère!! Tiens, à droite, un gros carré marron !! Ah ben tiens, Laboureur … On n’est pas perdu … On a juste traversé le bras de mer par un autre chemin, juste plus long ^^ !!

Le terrain nous étant alors connu, nous retrouvons sans souci le chemin jusqu’à Baie de l’Obs … Ce qui est piégeux avec les raccourcis, c’est que pour qu’il soit efficace, il doit faire gagner plus de temps en trajet, que le temps qu’on perd à le trouver sur la carte !! Arrivé près de notre destinations,

Caviar de truites

nous tombons sur rémy et Yvonnick, nos deux pêcheurs, qui ont poussé la pêche à l’art, en nous ramenant non seulement le repas du soir, mais aussi l’apéro !! Je n’avais jamais mangé de caviar, mais je savais quand même que c’était des oeufs d’esturgeons qui le composait, je goûterai là le caviar de truites, qui est absolument délicieux (en plus préparé par Yvonnick, qui n’est pas la moitié d’un cordon bleu!). Pour accompagner ce délicieux mets, pourquoi pas … un carpaccio de truites ?? Sitôt pensé, sitôt dit, sitôt fait, sitôt mangé !! Un régal!! Et là, certains pêcheurs de métropole pourraient se demander « Mais combien de truites ont-ils donc du pêcher pour pouvoir manger autant de poisson ??! ». La réponse est on ne peut plus énervante pour eux : 1 filet de truite suffit à faire un carpaccio pour 5 !!

Truite des Kerguelen

Mais comme le repas continuait sur des filets de truites, let’s go ! Pour infos, voici la gabarit d’une truite « classique » à Kerguelen, sachant que le record est à 1m20 pour la plus grosse truite jamais pêchée !!! Alors petite soeur, tu comprends pourquoi le vendeur de cuillères était étonné ;). En dessous de 40 cm, en général, on relâche! Donc si vous connaissez des pêcheurs en métropole, jouez donc avec leurs nerfs 😀 !!

Voilà pour ce week end qui se terminera dans la joie et la bonne humeur, vraiment une très bonne manip que celle-ci ! Ah oui, et pour profiter, tout comme moi, du premier chat que j’ai pu voir de près sur l’île voici sa photo, sûrement l’air aussi surpris que moi !

Chat (oui titre court et con, mais bon, un peu moins court maintenant, mais toujours aussi con)

L’île Verte

Posted in Manips on 27/04/2011 by kerguelen2011jerome

Prion de la Désolation

Au mois de Février, le 10 cette année, a lieu ce que l’on appelle l’OP 0 : le Marion Dufresne passe à Kerguelen, mais n’y reste qu’une nuit, pour des transferts de personnes, et peu (ou pas) de matériel. Mais cette OP, je ne l’ai pas vu, ou du moins, de loin. En effet, du 7 au 14, direction l’île Verte, où Malvina, une scientifique d’un labo de Montpellier, étudie les pétrels bleus, et plus particulièrement leurs odeurs !! Pourquoi l’île Verte ?? Parce qu’elle est verte, tout simplement, enfin elle l’a été, même si par la quantité de pissenlit présente sur l’île, on pourrait plutôt l’appeler l’île Jaune… Mais fut un temps, les lapins gambadaient sur l’île, mangeant les pissenlits et le jaune était limité. Un jour, ils ont éradiqué le lapin. Maintenant, l’île Verte est Jaune!!

Epave de l'Alberta

Sur le trajet de l’île Verte en chalant, une épave, pour nous rappeler qu’auparavant ces terres étaient dangereuses. Depuis combien de temps est-elle là ? (Coup de fil à un ami…) Cette épave s’appelle l’Alberta (celui-ci ?) mais je n’ai pas cherché bien loin son passé …

Etudier l’odeur ?!En quoi cela consiste-t-il ?? On prend un oiseau, on le renifle, et on essaye d’apparenter ça à une odeur de référence (pour le premier, fiente, le second, fiente, le troisième, idem …). Bon, et pour les plus malins, la vérité suit …. Avant tout, les terriers des pétrels sont cartographiés, référencés et vérifiés chaque année, les habitants bagués, mesurés, pesés et leurs petits peuvent donc être apparentés à N°X et N°Y avec une assez bonne précision !! Le but de la recherche est de trouver un lien sur les odeurs d’une même famille (ou quelque chose du genre, que je ne vais pas développer, autant m’en tenir à ce que je crois que je sais !)

Donc lorsqu’un petit naît, il est lui aussi bagué etc etc …, puis il a le droit à son traitement particulier : les moins chanceux se feront juste frotter contre un petit tube qui retient les odeurs alors que les plus chanceux passeront 20 minutes dans une marmitte (avec là aussi un tube qui retient les odeurs)!!

Canard d'Eaton

Mais chemin faisant, voilà un faisan ! Non, plutôt une dinde, voire un canard ! Le canard d’Eaton (se prononce comme Dix Tonnes, donc je laisse imaginer les jeux de mots …). Cette petite bête est un canard, il cancanne, il pond des oeufs … Bon d’accord, je ne vois pas quoi raconter à son propos, c’est un canard quoi ….

Otarie

Ah si, j’ai mieux !! Ma première otarie !! A première vue, ça ressemble à un éléphant de mer (j’ai un doute, est-ce que j’ai au moins mis une photo de cette bestiole déjà ??), sauf qu’après l’avoir vu se déplacer, l’otarie ne se traîne pas comme un gros tas d’éléph, elle a des hanches et court (presque) à 4 pattes. Bref, c’est quand même plus élégant quoi !!

Et dernière petite note concernant la cuisine, une fois qu’on a compris comment faire du pain, pourquoi ne pas innover ? Voici les espèces que nous avons réintroduit sur l’île :

Le chat

Le dauphin

Le serpent

Bon le dauphin, nous avons quand même pu en voir quelques uns proches de l’île, ainsi qu’un manchot (Coup de fil à un ami encore… C’est quoi les manchots ici ??) royal. Somme toute, une somme de toute les espèces de Kerguelen, sauf la plus grande, la plus majestueuse, la plus belle : l’orque. Toujours pas vu le bout de son nez à lui (ou de son museau, enfin je sais pas trop comment on dit pour les heu … bêtes comme ça!)